Université des Mégalithes

"J'en ai vu passer des humains et des civilisations et je suis toujours là". Regarder le monde à l'ombre d'un mégalithe, ça change toute la vision.

Migrations, langues, ADN

23.11.2015 L’histoire humaine n’est faite que de migrations au départ de l’Afrique. ll y a 30 millions d’années, les singes hominoïdes comptaient une centaine d’espèces (moins d’une dizaine aujourd’hui). Il y a 19 millions d’années, l’expansion des forêts entre l’Atlantique et la Chine permet aux grands singes de se développer. Vers 6 millions d’années, la surface forestière diminue et les primates ne résistent qu’en Afrique. Le premier Homo erectus apparaît il y a 2-3 millions d’années. C’est le premier grand singe à se débarrasser du monde des arbres. On le retrouve jusqu’à Florès. C’est «Out of Africa 1», la première sortie d’Afrique. La seconde a lieu vers 100000. C’est celle de l’homme moderne et le début d’une expansion fulgurante. Profitant de la dernière glaciation, il a commencé à peupler l’Eurasie en passant par le Proche-Orient. En chemin, il s’est mélangé avec l’homme de Néanderthal qui, avant lui, avait peuplé l’Europe jusqu’à la Sibérie et avait évolué différemment. «Il y a eu un métissage que l’on constate dans les génomes. Ce qui permet de dire que nous sommes tous des Africains et des métis», a rapporté Eva-Maria Geigl, généticienne au CNRS. La rencontre a apparemment eu lieu vers 50.000. «Néanderthal avait une entité biologique différente», a observé Jean-Jacques Hublin, directeur du département Evolution humaine de l’institut allemand Max Planck. On trouve environ, 2% de traces de Néanderthal chez son successeur. Néanderthal a fini par disparaître progressivement, sans qu’on sache pourquoi: problème climatique, éruption volcanique, compétition entre les deux espèces, conjonction de ces différents facteurs.

3.12.2015 How the introduction of farming changed the human genome. L’introduction de l’agriculture en Europe il y a 8500 ans a changé jusqu’à l’ADN. La Harvard Medical School a identifié des gènes qui ont changé pendant et après la transition entre la chasse et la cueillette et l’agriculture. Bon nombre des variantes sont associées à la taille, à la capacité de digérer le lactose à l’âge adulte, au métabolisme des acides gras, aux taux de vitamine D, à la pigmentation claire de la peau et à la couleur bleue des yeux. Deux variantes apparaissent sur des gènes qui ont été associés à un risque plus élevé de maladie coeliaque. D’autres variantes ont été localisées sur des gènes immuno-associés, car le Néolithique a impliqué des personnes vivant à proximité les unes des autres et des animaux domestiques. Egalement, les premiers agriculteurs venant d’Anatolie se sont mélangés et ont migré. A la fois la migration/le mélange et la sélection génétique face aux changements dans le mode de vie et la démographie ont joué, et que la sélection a continué après la transition.

28.12.2015 Une 4e « tribu » ancestrale aux origines des Européens modernes. L’ADN d’hommes fossiles révèle qu’un groupe de chasseurs cueilleurs du Caucase a également contribué au patrimoine génétique des Européens modernes. Un groupe des chasseurs cueilleurs de l’est a divergé il y a 45000 ans d’avec un groupe de chasseurs cueilleurs partis vers l’ouest (de l’Espagne à la Hongrie). Il y a 25000 ans, la branche des chasseurs-cueilleurs de l’est a encore divergé, donnant peu à peu naissance à un groupe de premiers agriculteurs ainsi qu’à ce groupe de chasseurs-cueilleurs du Caucase dont nous venons d’identifier la signature génétique très homogène. Ces hommes sont restés isolés alors que l’âge glaciaire atteignait son pic entre -25000 et -23000 ans. Les premiers agriculteurs du néolithique colonisent l’est, la méditerranée avec succès. Vers -7500 ans, ils se déploient largement, remplaçant même les populations de chasseurs cueilleurs rencontrées au sud. En revanche, au nord, vers – 4000 ans, ils mêlent leurs gènes avec ceux des derniers chasseurs cueilleurs de l’ouest. Entre temps, vers – 5000 ans, une troisième tribu déferle, les Yamna, des cavaliers nomades des steppes, issus d’une lignée ancienne de chasseurs-cueilleurs partie vers l’est. Ils ont probablement diffusé les langues indo-européennes, se mêlant à toutes les cultures de fermiers comme montre une étude de l’université de Göteborg. Le groupe de chasseurs-cueilleurs du Caucase s’est déployé dès que les chapes de glace ont disparu et ont largement contribué à fonder la tribu cavalière des Yamna. Plus fort encore, le petit groupe du Caucase a exporté ses gènes plus à l’est encore, jusqu’en Inde où il pourrait encore avoir de lointains descendants.

 

 

À propos de Jean-Marc Bélot

Eclairer le présent, montrer que le meilleur est possible: devenirs des sociétés humaines, lieux merveilleux qui nous entourent.

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Cette entrée a été publiée le 28 décembre 2015 par dans @ Usagers héros humains, AFRIQUE, Géorgie, Inde, Migrations langues adn, Russie, Turquie.

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