Université des Mégalithes

"J'en ai vu passer des humains et des civilisations et je suis toujours là". Regarder le monde à l'ombre d'un mégalithe, ça change toute la vision.

Normandie: légendes et contes de la Seine; chasseurs de fantômes; loups-garous

Contes et légendes de Normandie (une cinquantaine): http://www.normandie-heritage.com/spip.php?rubrique155

Calvados (14):

  • À Banville, de mystérieux trous dans la roche. L’archéologue Léon Coutil a tenté, en 1917, de percer ce petit mystère. Universe Mystery – www.lamanchelibre.fr
  • Forum des savoir-faire et des traditions populaires. Le Foyer rural du Billot organise, dimanche 18 août, son 27 e Forum des savoir-faire et des traditions populaires, avec la participation de la commune de l’Oudon autour de son exposition « Histoires d’eau en Pays d’Auge ». Universe Mystery – Ouest France
  • La Route des traditions, c’est 65 km à travers le Pré-Bocage entre Caen et Vire. Des artisans attachés à leurs traditions. Universe Mystery – Ouest-France
  • Dame blanche du carrefour de Balleroy; Dame blanche du CHU de Caen demandant à être transportée à Luc-sur-Mer
  • Le Tourneur: château des Noyers, l’un des plus hantés de France
  • Souterrains de Caen : mythes et légendes urbaines. Ouest-France
  • Pré-d’Auge : Chêne Saint-Méen, arbre à loques, encore aujourd’hui couvert de linges. Ouest-france [photo]; Le-chene-de-la-fontaine-guerisseuse-du-pre-dauge-4418215 [autre lien avec davantage de photos]. Le chêne de la fontaine guérisseuse du Pré d’Auge. L’arbre est décoré de tissus laissés par ceux qui croient aux bienfaits de la source. Anne BLANCHARD-LAIZÉ. Près de Lisieux, ce chêne que l’on dit millénaire, couvert de morceaux d’étoffe, abreuve ses racines à une source qui guérirait les eczémas et les psoriasis. Où le voir ? Au milieu d’un champ, derrière l’église du Pré-d’Auge (Calvados), ce gros chêne est classé monument historique depuis 1943. Dit millénaire (bien que ça soit improbable), il se situe au bout du parc du château du village, en bordure de la route D270. Son histoire. À ses pieds coule une source guérisseuse qui remonterait au VIe siècle, à l’époque de saint Méen. Cette eau soignerait les maladies de peau. Ainsi, sous la protection d’une statue du saint calée dans le tronc, les pèlerins viennent s’y laver, puis accrochent à l’écorce le linge ayant servi aux ablutions dans l’espoir de la guérison ! Saint Méen était un moine d’origine irlandaise qui vivait en Bretagne vers l’an 540. Il sillonnait le pays pour évangéliser les populations. La légende raconte qu’un jour, il serait passé par le Pré-d’Auge pour s’y reposer. Il demanda à boire à deux jeunes filles qui remontaient de l’eau du fond du vallon. La première, peu charitable, lui répliqua d’aller en chercher lui-même. Mais la seconde accepta de lui donner de l’eau. Pour la remercier, il fit jaillir à cet endroit une source. « Quant à toi, dit-il à la première, tu seras couverte de pustules et obligée de venir te laver là, en priant pour demander ta guérison, ce qui te rappellera ton manque de charité ! » Son portrait. Le vieux chêne est en fin de vie. Il a été intégralement élagué en 2009 pour éviter que l’unique branche qui subsistait ne tombe sur un pèlerin. C’est pourquoi le chêne de saint Méen ressemble aujourd’hui davantage à une grosse souche couverte de morceaux d’étoffe qu’à un arbre majestueux. En ce mois d’août, pendu à son tronc, on y trouve de tout : gants de toilette, mouchoirs, tee-shirts, chaussettes, bavoirs… et même un slip d’homme ! La tradition de « l’arbre à loques » doit perdurer. Pour faire face à sa disparition inexorable, deux autres chênes cohabitent dans son enclos : le plus âgé planté vers 1920 par le comte de La Rivière-Pré-d’Auge, famille propriétaire des lieux depuis le XVe siècle, et un autre, tout jeune, mis en terre récemment. Le chêne de saint Méen n’est pas près de mourir. Vraiment beaucoup d’info sur le Net : Bibliothèque municipale de Lisieux; OT Lisieux; Actu.fr; Culture.gouv; Wikipédia. Analyse : ce type de rituel est peu fréquent de nos jours, sauf en certains endroits où il a bien résisté : surtout en Wallonie, un peu en Picardie et en Normandie. J’y suis allé en 2002, il était encore beau, très ample et majestueux. L’arbre était plein de vêtements et il venait des personnes tous les jours. Il n’y avait plus de place et ils devaient attacher les habits à proximité de l’arbre. Quelqu’un de bien intentionné, je crois que c’était le maire de l’époque, avait expliqué qu’il avait voulu en retirer des anciens pour laisser de la place aux nouveaux. Mais cela n’avait pas été possible, il avait immédiatement été menacé par les familles craignant que cela remette en cause la guérison obtenue, et les avait remis. Il y a un effet « vibratoire », « énergétique » du lieu. On ne sait pas bien aujourd’hui comment le qualifier. Les physiciens vont bien finir par trouver l’explication un jour ou l’autre de ces sortes de « fluides » que l’on constate, mais que l’on ne sait pas décrire scientifiquement. Peut-être avec la physique quantique. Peut-être avec d’autres connaissances futures. Toujours est-il qu’on les mesure au pendule ou à la baguette. On sait les qualifier avec des abaques et cela est reproductible. Ensuite, plutôt que de dire des bêtises, on ne peut pas aller plus loin. Cela est transmissible à distance. C’est aussi le principe de l’eau amenée pour un malade (de Lourdes, de Liesse ou d’ailleurs). Et du toucher de reliques au Moyen Age. Dans la nature, l’eau est minéralisée. Il y a bien toujours un peu de silicium dans les minéraux dilués dans l’eau. Ce serait une sorte « d’électronique » naturelle. Ensuite, il s’y ajoute l’effet psychique, les émissions de pensées positives envoyées au malade. Et un déclic qui se produit dans l’inconscient de la personne visée. Et puis, nous parlons d’esprits dans cette rubrique, l’esprit de saint Méen et d’autres personnes bienfaisantes passées par ici peuvent être à l’œuvre. Mais là, c’est encore plus ténu. On ne le saura que quand on sera passé dans l’Autre Monde. Seules certaines personnes sensitives favorisées par un décalage dans leurs perceptions, mais défavorisées en général dans leur vie matérielle (handicap, traumatisme, difficultés dans la vie courante), peuvent en dire plus. Mais, souvent, bien peu croient ce que perçoivent les clairvoyants, clair-audients, clair-ressentants.
  • Le Varou: voir ci-après à Manche, quelques cas du Calvados

Eure (27):

  • L’abbaye hantée de Mortemer. Et: Abbaye de Mortemer. Depuis plus de 80 ans, Mortemer est un lieu hanté. Nul ne cache l’histoire et les contes et légendes abrités par les lieux. « Simple légende, la Garrache, cette femme louve apparue en 1884 à Roger Saborreau ? Mathilde, la dame blanche, femme et rêve la fois, où bien encore, les fantômes des quatre moines massacrés sous la Révolution ? La population refuse d’y croire mais la rumeur y fait sans cesse référence. » L’Abbaye a été exorcisée en 1921. Aujourd’hui encore, il arrive que les lignes téléphoniques se mélangent, le courant subit des baisses de tension inexplicables malgré les travaux effectués et la venue de spécialistes. Les lieux se visitent encore et sont toujours imprégnés de ces mystérieux épisodes. Si vous vous égarez sur ce magnifique site, qui sait ? Peut-être y croiserez-vous la diaphane Dame blanche, errant toujours sur les traces du passé ? Laissez-vous tenter par la découverte de ces lieux et quartiers. Les mystères n’appartiennent pas qu’à l’Écosse. Nous avons, nous aussi, nos fantômes ! Universe Mystery – www.76actu.fr
  • L’abbaye de Mortemer dans l’Eure serait hantée par le fantôme de Mathilde l’Emperesse, petite-fille de Guillaume le Conquérant, qui apparaîtrait les nuits de pleine Lune Article principal : Légendes de Mortemer.
  • Loups-garous: ces bêtes de légendes en Normandie (près de Rouen, forêt de Cinglais près de Caen, forêt d’Evreux, Saint-Samson de la Roque) ! La bête du Gévaudan aurait tué, entre 1764 et 1767, plus d’une centaine de personnes en Lozère. Le mythe continue de hanter les esprits. Il n’en fallait pas davantage pour intriguer l’historien de Seine-Maritime, Stéphane William Gondoin, qui consacre un dossier à ce thème : « Il existe quantité de bêtes du Gévaudan partout en France, et donc aussi en Normandie. Les cas ont simplement été moins “médiatisés” que celui du Gévaudan, et occultés par lui. » Dans les premiers temps de la chrétienté, l’Église considère cette croyance comme la trace persistante  du paganisme. Seul Dieu décide du sort de l’homme et aucun être ne peut se métamorphoser sans intervention divine, donc les loups-garous ne sauraient exister : L’archevêque de Rouen, Saint Ouen, fait pour sa part allusion au pouvoir présumé de la lune : « Dieu a fait la lune pour marquer les temps et tempérer mes ténèbres de la nuit (…) et non pour rendre les hommes fous, comme les sots le pensent, eux qui croient que les démoniaques souffrent à cause de la lune.»» Dans la forêt des Cinglais, près de Caen, mais aussi à Évreux. Des récits d’attaques de bêtes jalonnent l’histoire normande : « Au moins deux cas sont connus, l’un dans la forêt de Cinglais (au-dessous de Caen) puis la forêt d’Évreux dans les années 1632-1634 et un autre dans l’Eure, dans les années 1710. Là, il ne s’agit pas de légendes, mais de faits biens réels : des gens se sont fait croquer. »  Stéphane William Gondoin évoque aussi une rencontre que le Duc de Normandie Richard II aurait faite : « un bref texte datant de la charnière des XVes et XVIe siècles prête au duc une rencontre peu amicale avec un mort vivant nommé “Gargarouf”‘» Une légende au pied du pont de Tancarville. La légende la plus proche serait celle de Saint-Samson-de-la-Roque (Eure), au pied du pont de Tancarville : « L’évêque de Dol (de Bretagne), Saint Samson, passe pour avoir triomphé d’un dragon qui terrorisait les habitants de l’estuaire de la Seine au VIe siècle. » D’autres récits de varous, vocable par lequel on désigne les loups-garous en Normandie, sont recensés, mais sans faits réels pour venir les étayer. Amateurs de légendes et de sensations fortes, promenez-vous sur les terres normandes et traquez l’étrange Universe Mystery – www.76actu.fr
  • Saint-Georges-du-Vièvre, poltergeists dans la pharmacie Gourlin (et d’autres selon Emile Tizané et René Le Tenneur principalement). « En décembre 1929 et en janvier 1930, des faits étranges se produisirent dans la pharmacie Gourlin, à Saint-Georges-du-Vièvre. Les bocaux se déplaçaient d’eux-mêmes ; certains, saisis de lévitation, se maintenaient quelques instants en l’air et se brisaient au sol ; d’autres tombaient sans raison des étagères ; un mortier de 20 kilos valsait parmi les bocaux ; un escabeau, posé contre la placard pour l’empêcher de s’ouvrir, se retrouva à l’extrémité de la pièce ; une chaise se projeta d’elle-même à deux mètres de haut ; un bocal de deux litres, contenant deux kilos de naphtaline contourna un meuble pour venir se briser à deux ou trois mètres de l’endroit où il aurait dû normalement tomber. Le pharmacien ayant rangé des bocaux dans une caisse pour les préserver et ayant posé dessus un sac de 5 kilos, le sac se souleva pour laisser passer un bocal. De nombreux autres phénomènes inexplicables se produisirent: le mardi 7 janvier, on aurait compté trente-six taquineries. Le pharmacien obtint du curé des médailles bénites de saint Benoît et les plaça sur les étagères, mais elles n’empêchèrent pas les bocaux de sauter et de tomber. Bien entendu, la gendarmerie enquêta, mais aucune explication ne fut trouvée ; on constata seulement que les faits ne se produisaient que quand la petite bonne, Andrée Fontaine, âgée de 17 ans, ne se trouvait pas dans la pièce, mais était à proximité. La pauvre fille, victime inconsciente de cet insolite, fut renvoyée et les phénomènes cessèrent. Le commandant de gendarmerie Tizané a consigné les rapports de ses gendarmes dans un livre, L’Hôte inconnu dans le crime sans cause (1952), et a parlé de « l’affaire de la pharmacie de Saint-Georges-du-Vièvre » au cours d’une émission de télévision : « Au-delà du naturel ». Il pense que certains adolescents peuvent émettre, à leur insu, des fluides susceptibles de provoquer des phénomènes para-psychologiques ou servir de support à des forces inconnues. Quelques années après le départ du pharmacien Gourlin, son remplaçant, M. Sarrazin, fut grièvement brûlé à la suite de la chute anormale d’une bonbonne d’éther. Certains rappelèrent alors que les mauvais esprits continuent souvent à rôder dans des lieux de prédilection — c’est ainsi que la récupération de matériaux provenant d’une maison hantée serait susceptible de créer une ambiance favorable à de nouvelles manifestations supranaturelles ». (Le Tenneur, p.422). Philippe Baudouin, Les forces de l’ordre invisible. Emile Tizané (1901-1982), un gendarme sur les territoires de la hantise. Le Murmure, 2016 (p.88-89 Beaumont-le-Roger. Carte p.130 : Fourmetot, La Bonneville, Louviers p.149, Pacy-sur-Eure). Emile Tizané, L’hôte inconnu dans le crime sans cause, 1952. René Le Tenneur, Magie, sorcellerie et fantastique en Normandie des premiers hommes à nos jours. Coutances, OCEP, 1979 ( et p.400, 408, 414, 417, 421, 422, 425, 427). Pierre Guincêtre, Une officine ensorcelée, Revue d’Histoire de la Pharmacie, 1985, N°264, p.46-47. http://www.maison-hantee.com/files/stgeorges/pharma_hantee.htm: un peu après le milieu de page, il y a une petite photo. http://www.patrimoine-normand.com/article-125962-pharmacie-ensorcelee-de-saint-g.html une belle photo et un long texte sous forme de dialogue. LE MONDE DU MYSTÈRE ET DE L’ÉTRANGE, p.301-304 : Les faits anormaux qui s’y déroulèrent, observés par de nombreuses personnes, firent l’objet d’un procès-verbal de la Brigade de gendarmerie du bourg. Le gendarme Émile Tizané qui recueillit durant toute sa vie les faits insolites et les phénomènes étranges auprès de ses collègues et des particuliers, rapporte dans son ouvrage L’Hôte inconnu dans le crime sans cause (Editions Tchou), de longs extraits de ce procès-verbal que nous résumons pour vous ci-après. Tout débuta le mardi 10 décembre lorsque le tuyau du poêle de son… Analyse : oui, il y a bien eu l’utilisation de l’énergie inconsciente de l’adolescente dans les faits de 1929-1930. Mais pas par l’adolescente elle-même. Il y a plusieurs explications possibles : Dans la « mémoire des murs », quelque chose est enfermé, un « enregistrement » vibratoire, suite à un traumatisme ancien qui s’est déroulé là, bien auparavant, et dont il reste comme des harmoniques. Elles sont réactivées quand une personne arrive avec une forte énergie inconsciente non maîtrisée, cas de l’adolescence. L’autre explication est effectivement pire, mais fréquente, il n’y a qu’à voir les champs de bataille des plages de Normandie. Une âme, suite à un traumatisme, n’a pas pu se libérer à sa mort et reste prisonnière. C’est une sorte d’appel pour être aidée à se libérer. Dans le passé, il y avait un prêtre exorciste ou des personnes averties qui savaient le faire. Parfois, une bonne pensée consciente et un signe de croix peuvent aider. Il reste une troisième direction, des esprits de la nature qui ont trouvé intéressant de voir ici ce qu’ils pouvaient faire (c’est toujours en utilisant l’énergie humaine). Ils ne sont ni bons ni mauvais. Ils n’ont pas ces codes moraux. On ne peut pas les convaincre non plus, ils n’ont pas de logique humaine. Il faut simplement espérer qu’ils se désintéressent du lieu et aillent jouer ailleurs.

Manche (50):

  • Dame blanche de Lessay; Demoiselle de Tonneville
  • e varou. A Gréville-Hague (Manche), le vallon isolé du Val-Ferrand vit, vers 1770, M. de Rikmé assassiné à coups de hache, et la même hache servit à tuer le meunier dans son moulin. Pour découvrir des indices, on recourut au monitoire. Trois dimanches de suite, dans toutes les églises des environs, on somma les auteurs ou témoins de déclarer ce qu’ils savaient, sous peine, d’excommunication. Personne ne bougea. Gliauminot, le valet de ferme qui en avait été le témoin involontaire, ne dit rien, content qu’il avait été de voir que des puissants pouvaient aussi être touchés. Mais la nuit de Noël, pendant la messe de minuit, dans la grange où il dormait, quelque chose de lourd se jeta sur son dos. Malgré lui, il se mit à courir comme un fou, emporté par une force irrésistible, cinglé de coups de fouet à chaque carrefour par une main invisible. Les connaissances qu’il croisa ne le reconnurent pas. Il ne put leur parler, les sons s’arrêtent dans sa gorge. Un ami valet le vit revenir, brisé, ensanglanté et crotté. « D’où arrives-tu ? On dirait que tu viens de porter le varou » ! « Tu as deviné. Voilà ce que l’excommunication m’a valu. J’en ai pour un mois jusqu’à la Chandeleur. Si tu me rencontres, il faut que ce soit par hasard, sais-tu ce que tu devrais faire » ? « Oui, il faudrait sauter sur toi et te « faire du sang » entre les deux yeux, ne fut-ce qu’une goutte, et tu serais délivré ». Le procédé était connu car d’autres habitants avaient porté le varou. Le varou, le loup-garou de Normandie (Adaptation du récit de M. Émilien Guilbert, 1880, paru dans Le Varou, de Jean Fleury, 1883)Un paysan du canton de Cormeilles (Calvados) était soupçonné de courir le varou. On l’empêcha de sortir par la porte. L’heure, il enfourcha un balai et disparut par la cheminée. Dans le Bessin, les sorciers pouvaient transformer des hommes en chien ou en loup. L’un d’entre eux, appelé Rongeur d’os, hanta la nuit les rues de Bayeux. A la nuit tombante, à date fixe, ils se transformaient. Poussés par une force surnaturelle, ils partaient dans une course folle, un fouet invisible s’abattant à chaque carrefour -on dit de la main du diable. Il conservait les traces de la nuit et pouvait être reconnu comme un homme qui porte le varou. Cela durait sept ans. S’ils étaient démasqués, leur peine était reconduite. Pour le tuer, il fallait une balle bénite et ne rien dire. Il reprenait forme humaine, gardant simplement en témoignage une jambe plus longue. Le Varou, de Pascal Villeroy

    Près de Clécy (Calvados), au bac de la Bataille, Dominique, le passeur, était souvent réveillé à minuit par une voix de l’autre rive. Contraint pas une force irrésistible d’obéir, il passait la rivière et trouvait une dame plus pâle que les vêtements blancs qui la couvraient, qui prenait place dans le bac. Il s’enfonçait comme s’il eût été surchargé. Quand il se retournait, à l’arrivée, la forme blanche avait disparu et le bac revenait à flot. Une nuit, armé d’un fusil, avec une balle que lui avait remise le sacristain, quand l’appel se fit entendre, il tira. Le lendemain, des laboureurs trouvèrent morte une jeune fille admirablement belle, couverte de la haire d’un varou, qui expiait une faute cachée. Le malheur frappa le passeur. Ses deux jeunes enfants .périrent d’un accident et le chagrin le conduisit prématurément dans la tombe (Jules Lecoeur, Esquisses du Bocage normand, tome II. Condé-sur-Noireau, L. Morel, .1887, p. 406- 407). Les enquêtes menées par le Laboratoire d’Ethnographie régionale ont permis quelques témoignages. « Un homme s’était tourné en cochon, par ses moyens qu’il avait dans un livre. Il était parti dans la cour du presbytère. Le curé est allé chez le boulanger, où un homme qui était là a dit qu’il fallait lui faire une piqûre. Alors le curé lui a donné un coup de fouet et il lui a fait du sang, et l’homme est sorti du cochon » (Témoignage recueilli à Rémilly-sur-Lozon, Manche, en 1949 sur un fait du XIXe siècle). Un cultivateur raconta que « la couturière de sa belle-mère, rentrant à la nuit bien tombée, trouva un beau chat tout noir. Elle le prit sur son bras et le caressa. Mais plus elle allait, plus il alourdissait. Elle voulut le mettre par terre, mais le chat lui a dit qu’elle devait le ramener là où elle l’avait pris. Elle a été obligée de le faire (Récit fait en 1947 à Coulvain, Calvados, où se situe cette histoire). A Denneville-aur-Mer (Manche), une dame a connu quand elle était petite des varous « qui étaient des hommes tournés en bêtes. Des fois en chien ou en chat, quelquefois en cheval aussi. Et ils venaient par les chemins embêter les filles qui revenaient de traire ». Elle-même n’est pas très sûre que c’étaient des varous mais bien des gens le lui ont affirmé (Mme A…, âgée d’une cinquantaine d’années en 1950). A Caen, Mlle L…, âgée d’une quarantaine d’années, avait un oncle qui possédait « ta faculté de se transformer en corbeau pour ennuyer les gens, grâce à des livres. Il tenait cette faculté de son père qui lui-même se transformait en chouette. Un jour qu’il s’était introduit, sous forme de corbeau, chez des gens où, faisant mine de chercher une issue, il cassait tout en Volant à tort et à travers dans la maison, ceux-ci ont voulu se venger. Le lendemain, ils l’ont attendu au détour d’un chemin et lui ont donné une raclée ». L’oncle est mort en 1936, à Anisy (Calvados). A Thury-Harcourt, Mme R… raconte qu’en 1940 une jeune femme avait de nombreuses difficultés avec ses vaches. « Son domestique, chaque nuit, voyait une espèce de grand lévrier qui passait. Un soir, il essaya de l’abattre d’un coup de fusil. Mais la bête était invulnérable, c’était un sorcier, on fit dire une messe et tout rentra dans l’ordre. Jamais personne depuis n’a revu le lévrier ». La course nocturne s’appelait le varouage. Toutes les nuits de l’année n’étaient pas propices au varouage. Dans la Manche, on l’a vu, cela s’est passé de Noël à la Chandeleur. Dans les environs de Pont-Audemer, durant l’Avent et Noël y mettait fin. Elles se situent autour de la fête de la Nativité. Le Varou, Marthe Moricet. Annales de Normandie, Année 1952, n°1, p. 73-82

    Entrefilet dans la revue Mythologie Française 139, 1985, p.44 : Mademoiselle Maryvonne Abraham, de Brest, était présente à Creully (14) où elle a présenté une communication remarquable portant sur « l’étude d’un calendrier de varouage à partir de la Troménie de St Ronan en Bretagne ».

    Bête de Caen et autres monstres dévorants. On l’appelle la bête de Caen, mais aussi la bête du Cinglais ou encore la bête d’Évreux. Sous le règne du roi Louis XIII, au temps où ferraillent d’Artagnan et ses mousquetaires, cet insaisissable prédateur attaque et dévore plusieurs dizaines de personnes. C’est du moins ce que rapportent un certain nombre de documents contemporains. Cent trente ans avant le Gévaudan, la Normandie vit dans la terreur d’une « beste furieuse ». Le bon peuple murmure qu’un loup-garou rôde… Patrimoine Normand N°84

    Montilly et Saint-Pierre-d’Entremont (Orne) connaissent une sorte de varou nommé Berline ou Berlinge. On dit que c’est le fantôme d’un avare qui paie ses dettes. Il peut se montrer sous forme humaine ou animale, en particulier de tourterelle. Les îles anglo-normandes connaissent aussi un Bélengier ou Boulangi, qui égare les gens vers les mares et les falaises, sous la forme d’une petite lumière qui, son forfait accompli, peut se transformer en sarcelle. On y échappe en plantant un couteau lame en l’air, sur lequel l’être se blesse ou en traçant au couteau une croix sur le sol. Ce pourrait être rapproché d’un souvenir similaire du culte celtique de Belenos. A La Bellière (Orne), se trouve le Trou du Serpent, hanté par des dames blanches. Une ancienne caverne de Flamanville (Manche), nommée Trou Baligan, fut le repaire d’un dragon qui réclamait son lot de victimes. Saint Germain le Scot débarrassa la région de ce monstre. Depuis, des lutins ont pris la place (Trois gorges et un oiseau: Dana et le dieu au nom en Gar, Patrice Lajoye. Mythologie française n°195, 1999, p. 15).

    Analyse : Les varous n’ont pas, comme on le lit fréquemment, à voir avec la mythologie scandinave ni avec les hommes se transformant en loups. Ils se présentent sous des aspects bien différents dans les deux premiers témoignages, qui sont plus authentiques. Les autres, justement, sont influencés par les légendes de bêtes du type bête du Gévaudan. La dénomination de varou n’est pas très fréquente en dehors de la Normandie. Mais on retrouve des êtres similaires dans la région contigüe, les Hauts de France. Un serpent ou un dragon est transpercé par un chevalier (Chevalier aux Armes vermeilles en forêt de Compiègne, saint Gilles à Beauvais, rituel encore vivant lors des carnavals des villes du Nord et de Belgique). Ce varou, varan, ver, serpent, dragon est un résidu, dans l’imaginaire humain, de l’époque macro-balte (ancêtres des baltes et des slaves). Ce sont les premiers indo-européens à être venus coloniser l’Europe de l’ouest mettant fin à l’époque mégalithique, vers -1600. La divinité Varouna (Inde)/Ouranos (Grèce) /Velinas (Lithuanie) / Veles (pays slaves) chez les Indo-européens orientaux, dont font partie les macro-baltes, représente la souveraineté liée à l’eau qui entoure le monde et qui maintient l’ordre de l’univers, ordonne le cycle du temps. Elle urine, verse la pluie pour féconder la terre, fait circuler le fluide vital. Tout comme on conserve précieusement aujourd’hui nos vers de terre, on conservait précieusement ce mythe à l’époque, le faisant vivre par un rituel costumé où des hommes animaient un mannequin en forme de varou. Puis, au fil des siècles, le sens s’est perdu. La christianisation a achevé la plupart des rituels, sauf dans les carnavals du nord et de l’est de la France et du centre de l’Europe. Il en reste une exclamation slave : « quel diable ou quel veles l’excite contre moi ? ».

    Lajoye : Perun, dieu slave de l’orage: Archéologie, histoire, folklore. Ouranos grec. Veles/Volos (slave) et Varuna agissent comme gardiens du droit et des traités. La connection de Varuna avec l’eau peut être associée à Velinas (lithuanien) (Veles tchèque et macédonien, Vellaunus gaulois doublon d’Esus) (Selected writings VII, de Roman Jakobsson, p.41-43. Editons Mouton)

    Le guide de la France mythologique p.69 (loup-garou scandinave de la forêt de Roumare)

    BSMF 195 : Patrice Lajoye –(Trois gorges et un oiseau: Dana et le dieu au nom en Gar, BSMF n°195, 1999, p. 15. Dans l’Orne, sur les communes de Montilly et de Saint-Pierre-d’Entremont, le folklore connaît un être, sorte de revenant ou de varou (loup-garou) nommé Berline, Breline ou Berlinge, selon les versions. On dit que c’est le fantôme d’un homme avare qui finit de payer ses dettes. Toujours est-il que cet être nocturne est polymorphe; il peut se montrer sous forme humaine, mais, à Saint-Pierre-d’Entremont, il affectionne particulièrement la forme d’une tourterelle. Les îles anglo-normandes. Jersey, Guernesey et Alderney connaissent un être redoutable nommé le Bélengi (Jersey), Bëlengier (Guernesey) et feu Bélengier ou Boulangi (Alderney). Cet être, assimilé à un feu follet, prend un malin plaisir à égarer les gens, de façon à les pousser dans les mares ou même du haut des falaises. Il est donc particulièrement dangereux de le croiser quand il apparaît, la nuit, sous la forme d’une petite lumière qui semble vouloir guider les pas des attardés. Il existe malgré tout différents moyens d’échapper à cela: planter un couteau la lame en l’air (Guernesey), et dans ce cas on retrouvera celui-ci le lendemain couvert de sang, témoin de la hargne de l’esprit; ou bien retourner sa veste. vider ses poches et n’y laisser qu’un couteau, tracer avec ce même couteau une croix sur le sol (Alderney). A Guernesey, après ses méfaits, sefaeu Bélengier peut se transformer en sarcelle et s’envoler. Le Bélengi pourrait dériver de Belen = Belin. Quand on constate les caractères communs existant entre celui-ci et la Berlinge ou Berline de l’Orne – être nocturne, capable de se transformer en oiseau, ce qui est rare dans le folklore normand -, nous ne pouvons que les assimiler l’un à l’autre. L’existence d’un culte de Belenos quelque part dans les îles anglo-normandes peut être attestée par un fait particulier. A Guernesey se trouve un lieu nommé La Roque Balan (ou Ballan), près de Saint-Michel-du- Valle, auprès duquel a été chantée une petite comptine: J’irons tous à la Saint Jean, Dansaïr à la Roque Ba/ail. Cette comptine pourrait être J’ultime trace d’un cérémonial dédié à Belenos, sachant que la Saint-Jean fut à l’origine une fête solaire, celle du solstice d’été. Il y a aussi dans l’Orne un village nommé la Bellière, près duquel, au lieu-dit Logis de la Roche, se trouve le Trou du Serpent. endroit hanté par des dames blanches. Comparons avec une caverne du littoral, aujourd’hui détruite, de la commune de Flamenville (Manche), nommée Trou Baligan. Celle-ci fut paraît-il le repaire d’un terrifiant dragon qui réclamait régulièrement son lot de victimes humaines. Un jour, saint Germain. debout sur sa rouelle .n, débarqua d’Angleterre et débarrassa la région de ce monstre (soit en le changeant en pierre, soit en le noyant), avant de s’en aller évangéliser la Bretagne. Depuis, le Trou Baligan a été hanté par des lutins. On le voit, la situation est fort semblable. Or Balin est une autre forme de Belin ; Balin peut devenir « Balingue (tout comme berline a donné berlingue au XVlIe siècle) puis par métathèse Baligan.

    BSMF 207 : Ceci rappelle singulièrement le revenant ou « varou» appelé Berline, Breline ou Brelinge, signalé dans l’Orne par Patrice Lajoye –(Trois gorges et un oiseau: Dana et le dieu au nom en Gar, BSMF n°195, 1999, p. 15) et le dangereux feu Bélengier de Guernesey

    BSMF 248 : origine viking. Le loup vert est tout simplement un loup-garou, ou homme-loup : werwolf en allemand (wër « homme » et wolf « loup », varulvstro en Scandinave qui est devenu garwalf en normand. Là où le français a retenu le garou du normand, d’autres provinces ont pris un varou ou Loup Brou, comme en Bourgogne : le Loup Vert vient du wër ou var (comme dans varou) et dans les deux cas désigne l’homme, éventuellement de mauvaise réputation (« hors-la-loi » ou déjà « loup »). Le loup vert est donc une forme régionale du loup garou, ou « homme-loup ».

     

Orne (61):

  • Le Gouffre de Flers. Au XVIIe siècle, au milieu des bois près de Flers, un prieuré avait si bien prospéré qu’avaient lieu des soirées,  de plus en plus souvent. Jusqu’à une veille de Noël, où ils oublièrent la messe de minuit. La cloche sonna toute seule, mais ils restèrent à boire. Alors le tonnerre retentit, puis la foudre frappa, ne laissant qu’un trou à leur place, qui finit par se remplir d’eau laissant place à un lac.
  • Le Varou de Montilly et de Saint-Pierre d’Entremont: vois ci-dessus à Manche

 

normandie

Seine-Maritime (76):

  • Légendes et contes de la Seine entre Rouen et la mer. Elles sortent de la brume, venues du passé: trésor englouti, amours sanglantes, roches magiques ou mystères de navigation. Un reportage en 5 épisodes de Jean-Paul Lussault et Emmanuelle Partouche (prise de son : Benoît Stefani, montage : Eric Tavennec) a été diffusé à la télévision sur France 3 Haute-Normandie dans le journal télévisé de 19h: 1 La légende du Télémaque (Le  trésor des rois de France est-il enfoui au fond de la Seine à bord du bateau qui coula à Quillebeuf en 1790 ?). 2 L’histoire du corset rouge (La Seine sépare l’abbaye de Saint-Martin de Boscherville du château de Bardouville. Un corset rouge est accroché à une fenêtre du château. C’est le point de départ d’un drame passionnel). 3 L’homme de bois (Deux promontoires. Deux personnages de légende. Point commun : guider les égarés, perdus dans l’estuaire de la Seine). 4 Le rocher de Gargantua (Les grands mythes païens ont la vie dure. Surtout quand ils ont été développés par des génies comme François Rabelais. Gargantua est de ceux là :  il n’évoluait pas qu’en Touraine mais dans toute la France et autour,  bien sûr, de la Seine). 5 La côte des deux amants (Pour conclure cette série, un mythe très connu des Normands : celui lié à la côte des deux amants. Une histoire médiévale d’amour courtois qui rappelle un peu celle de Tristan et Iseult). Universe Mystery – haute-normandie.france3.fr
  • Château de Tancarville. Construit au XIIe siècle, en haut d’une falaise, il recense des histoires de fantômes et du Diable.
  • Seine-Maritime. Les souterrains du château de Tancarville et les trésors d’Arsène Lupin (recherche de JM. Bélot). Le château de Tancarville est l’un des édifices les plus attachants de Normandie, et il a été l’un des lieux de vie de Gaston Leroux. Il a écrit une série de romans policiers à ambiance mystérieuse, où Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur, se déplace en particulier en divers lieux de Normandie. Les lupinophiles et lupinologues parcourent ces lieux, et de plus en plus. On peut acheter un guide et un carnet de route donnant des itinéraires. Le sommet est le récent roman de Michel Bussi, Code Lupin (Google Books). Nous n’allons pas vous emmener une nouvelle fois à l’aiguille creuse d’Etretat, une véritable légende urbaine mondiale, icône de la Normandie. Le musée de sa maison Le Clos Lupin en témoigne. Donc, le château de Tancarville est présent dans La comtesse de Calgiostro, Les Dents du Tigre (« il y a là, hors des ruines du donjon, un ancien puits, qui offre, comme bien d’autres puits de l’époque, cette particularité d’avoir deux orifices, l’un au sommet qui s’ouvre vers le ciel, l’autre un peu en dessous, creuse latéralement dans la paroi et qui s’ouvrait sur une des salles du donjon »), La Barre-y-va. Et sous un faux nom dans Dorothée, danseuse de corde (la Roche-Périac), La femme aux deux sourires (Volnic). La tour de l’aigle, surplombant l’estuaire de la Seine, lui donnait une vue imprenable pour surveiller les lointains et le vallon du Vivier. Voici le lieu. Venons-en aux légendes urbaines actuelles. Premièrement, les souterrains. Ce sont de bons moyens de disparaître pour se cacher ou pour atteindre un lieu distant, et pour cacher des trésors. Les plateaux calcaires sont propices au creusement par l’eau et recèlent partout de nombreux souterrains et grottes. Il y aurait environ 120 000 cavités en Haute-Normandie, dont seulement 20 000 pour lesquelles on dispose de points d’indices, selon le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (http://infoterre.brgm.fr/rapports/RP-54790-FR.pdf). Les carrières de Tancarville sont connues : Banc aux Marches, Coste de Seine, Banc aux Mortiers… Mais les galeries à entrée latérale, généralement de grande emprise et à flanc de versant, sont de nombre totalement inconnu dans la région de Tancarville. L’inconnu est encore largement présent, dans la nature et dans l’imaginaire actuel. Arsène Lupin évoque un souterrain qui va du donjon au vieux puits dans la cour. En passant sous le plateau du pays de Caux, des souterrains pourraient conduire à tous les endroits du triangle d’or d’Arsène Lupin et aux sept abbayes normandes. Personne n’en a encore trouvé mais, pour tout bon lupinologue, c’est du concret, c’est une question de temps. Joanne note que la tour du Lion ou du Diable contient un cachot souterrain dans lequel les habitants du pays prétendaient que le diable avait établi son séjour (Source : http://www.normandie-heritage.com/spip.php?article571). Deville précise qu’il existe sous la tour un cachot souterrain, dans lequel on peut encore descendre (Histoire du château et des sires de Tancarville). La relation architecturale officielle de Mesqui ne relève qu’un couloir, en partie souterrain, qui permettait de correspondre, en fond de fossé, avec l’escalier d’un ouvrage avancé (Source : http://www.mesqui.net/Tancarville/chateau_de_tancarvillenouvapdf1.pdf). Puis, une revenante. Les nuits sans lune, certains entendent des hurlements sinistres venant du château jusqu’au village de Tancarville. On pense à Jeanne de Harcourt, fille du comte Guillaume de Harcourt, au XVe siècle, ne pouvant avoir d’enfants. Elle fut répudiée par son mari le duc de Lorraine. Elle mourut de chagrin le 8 novembre 1488, en emportant un secret qu’elle n’eut pas le temps de révéler de son vivant. Son spectre semble chercher à le révéler. La nuit venue, des pas résonnent « lentement et lourdement » dans le couloir du premier étage du château. Le témoin fut cuisinier au château au milieu des années 1990, quand un traiteur avait ici une salle de réception. Un soir, très tard, seul, finissant de ranger, il entendit des pas résonner à l’étage. Montant, dans le couloir, il se vit face à une lueur de taille humaine, flottant au-dessus du sol, qui finit par s’évanouir. Le spectre de Jeanne de Harcourt accompagnant le visiteur et semblant vouloir lui dire quelque chose. Comme sur la route sous le donjon de Montépilloy, dans l’Oise où, de nuit, un fantôme dit aux passants « Mais ne marche donc pas si vite ! ». Et une autre revenante dans les bois, à moins que ce ne soit la même. Une femme, appelée la « fagotière » parce qu’elle allait faire des fagots dans les bois, rentrant de nuit le long du château, entendit un cri déchirant. Les oiseaux fuirent. Un second cri plus proche la fit fuir en laissant ses fagots. C’était la nuit du 31 octobre au 1er novembre, Samain, Halloween : celle où le monde des morts et le monde des vivants s’approchent le plus. Une autre nuit, le cri effraya tant les chevaux d’une patrouille que des hommes tombèrent et furent piétinés. Les habitants ont longtemps cru que les châtelains hébergeaient une bête féroce – et on revient aux souterrains – ou des malheureux jetés dans des antres sans retour, et dont les âmes hurlent à la recherche de la sortie. Peut-être même le diable, fait prisonnier par l’homme d’église venu exorciser le lieu (Source : http://www.maison-hantee.com/files/tancarville/tancarville.htm). Ces légendes ont des ancêtres plus anciennes : La Chaise de Gargantua. C’était une roche dominant le château, détruite par les Ponts et Chaussées, où il venait s’asseoir pour se tremper les pieds dans la Seine, faisant entendre des rugissements. Saint Samson, venu triompher d’un dragon qui terrorisait les habitants de l’estuaire de la Seine, dans le village aujourd’hui nommé Saint-Samson-de-la-Roque, au pied du pont de Tancarville. S’il se visite, il semble que oui : http://tancarville.free.fr/FR/Presentation_1.htm
  • Fécamp. Une nuit avec les chasseurs de fantômes du mystérieux FRP – France 3. Ils sont équipés d’un « compteur K2 », d’un détecteur de rayonnement électro-magnétique, de caméras, de thermomètres électroniques et d’un enregistreur de sons. Universe Mystery – haute-normandie.france3.fr

  • Voir à Eure: Loups-garous: ces bêtes de légendes en Normandie (près de Rouen, forêt de Cinglais près de Caen, forêt d’Evreux, Saint-Samson de la Roque)
  • Non loin du Havre, s’élevait naguère un mégalithe au carrefour de la Pierre Grise, entre Montivilliers et Saint-Martin-du-Manoir : « Le lieu était fréquenté par des dames blanches. Qui sait si elles n’y dansaient pas avec quelque sorcier un brin varou ? » Brhhh, on frissonne déjà. (Patrimoine normand, N°84). Universe Mystery – www.76actu.fr
  • Maisons hantées et fantômes : récits en Haute-Normandie (Le Havre, Dieppe, Mortemer) et Pas-de-Calais. Qu’on les appelle entités, esprits ou fantômes, les âmes hanteraient des lieux dont les murs auraient conservé la mémoire. Légende ou réalité ? Qu’on y croit ou pas, nombreux sont les récits qui rapportent des phénomènes étranges et angoissants observés ou ressentis par des humains. C’est à un gendarme que l’on doit une véritable étude des phénomènes de hantises. Le gendarme Émile Tizané rapporta ainsi de nombreux cas de hantises et de poltergeists, dans Le mystère des maisons hantées (1977) marchant sur les pas de Camille Flammarion qui avait déjà écrit son ouvrage Les maisons hantées. Aujourd’hui,  des centres sur le paranormal dans les universités se penchent sur ces manifestations étranges qui viennent rompre l’harmonie d’un lieu. Récemment, un petit village du Nord s’est rendu célèbre pour les phénomènes étranges qui se sont déroulés dans un pavillon de Mentque-Nortbécourt (Pas-de-Calais).
  • Âmes errantes et esprits au Havre. Les phénomènes observés sont divers : déplacements d’objets, courants d’air froid, bruits dont la source demeure non-identifiée, apparitions… autant de manifestations recensées et de témoignages recueillis. Le Havre n’échappe pas à cette tradition des hantises. Il existe plusieurs sites hantés dans la ville, mais, souvent, leurs propriétaires préfèrent demeurer muets sur ces habitants d’un autre-monde qui pourraient faire fuir tout acheteur potentiel. Si les témoignages recueillis et entendus rapportent des phénomènes, peu nombreux sont les témoins qui parlent sans honte. Jean-Michel Harel a néanmoins rassemblé ces contes et légendes dans Visite du Havre des légendes et coutumes, un recueil de 42 pages, trace des visites guidées effectuées autrefois par le Havrais, consultable à la bibliothèque Armand Salacrou du Havre, évoquant ainsi les étranges récits de la cité. Au Havre, plusieurs lieux auraient été hantés : une maison du quartier Saint-Vincent aurait abrité des Haïtiens qui auraient pratiqué le Vaudou. « Toute la côte est très marquée sur le plan spirituel ; ce qui pourrait expliquer les récits qui entourent certains sites : on dit que l’église Saint-Michel D’ingouville abriterait un secret caché dans une tombe diabolique. De même, revenants et briseurs de vitres auraient rôdé près de la côté d’Ingouville », indique Jean-Michel Harel. Voilà qui fait froid dans le dos. Des forces et présences observées en centre-ville. Parmi les nombreux récits qui circulent, il en est un qui rappelle les plus mauvais films d’angoisse : un tunnel abriterait une force que certains ressentiraient lors du passage en voiture. Le tunnel, en question, c’est celui de Jenner : un lieu connu de tous, inscrit dans la ville, assurant la liaison entre ville haute et ville basse. Alors, légende urbaine ou expérience extra-sensorielle, des récits ont été recueillis et certains voyageurs, traversant ce passage, auraient observé des phénomènes étranges. Ils rapportent avoir ressenti comme une force les poussant à accélérer à la sortie du tunnel. Des actes incontrôlés qui pourraient conduire à l’accident, voire à la mort. Qui vient donc hanter ce lieu de passage ? Qui sont ces revenants et ces forces présentes dans le lieu ? Souvent, ce sont les lieux liés à la mort qui sont le théâtre de phénomènes étranges. Le pavillon des revenants. Le bâtiment disparu, mais autrefois implanté rue maréchal Joffre, que l’on a coutume d’appeler le pavillon des revenants, est un lieu qui a « glacé les sangs de nombreux Havrais » : « Ce bâtiment effrayait les Havrais : on disait y avoir entendu des bruits de chaînes et vu des fantômes en train de descendre les escaliers », confie Jean-Michel Harel. Même si les lieux où se produisent de tels phénomènes sont souvent flous, des zones sont identifiées dans la ville : le quartier de l’ancien hôpital Flaubert serait, par exemple, fortement exposé à des présences d’outre-tombe. Des quartiers hantés par des fantômes. Certains rapportent avoir ressenti des présences dans leur appartement, entendu des bruits et martèlement dans les plafonds, tous les soirs, à heure fixe. Les ampoules auraient éclaté, en même temps, dans un même immeuble, mais dans des appartements différents. Synchronicité, hasard ou hantises ? Comble de l’effroi : des chuchotements et murmures auraient été entendus, alors que toute absence humaine avait été constatée. Une habitante rapporte même avoir retrouvé une trace de main sur un placard de cuisine situé en hauteur : nul n’aurait pu l’atteindre sans escabeau. Aux Gobelins, une bête aurait erré rue d’Epremesnil, non loin de la mare au cercueil, où ledit tombeau entouré de torches se présentait aux passants, invités à soulever le couvercle. Le geste accompli, un bruit monstrueux retentissait, puis rien. Mystère ou fantasme ? Les fantômes ont la peau dure et leurs récits résistent au temps ! Un cas de Poltergeist à Danton, au Havre. Un cas de hantise est bien connu des Havrais versant dans les histoires insolites : un restaurant du quartier Danton aurait été le théâtre de phénomènes étranges dans les années 1970. Un célèbre ouvrage de René Le Tenneur, Magie, sorcellerie et fantastique en Normandie. Des premiers hommes à nos jours, rapporte le récit d’un cas d’esprit frappeur (traduction française de l’allemand Poltergeist, terme bien connu grâce au film éponyme de Tobe Hooper) qui aurait hanté un restaurant du quartier Danton. Dans les années 70, ce café-restaurant aurait été bouleversé par des phénomènes inexpliqués qui se produisaient dans les lieux… Couverts et verres volaient. Le Tenneur rapporte dans ses écrits que les « assiettes, vitres et verres se brisaient spontanément ». De même, phénomène on ne peut plus impressionnant : les fourchettes quittaient les tables, volant dans la salle de restaurant et risquant de blesser quelqu’un. Les bouteilles, paraît-il, se promenaient au plafond et les objets se projetaient contre les murs ou passaient à travers les vitres. Pour couronner le tout, trois départs d’incendie auraient eu lieu dans la cuisine, sans raisons apparentes. Les phénomènes auraient débuté avec l’arrivée d’un ouvrier anglais, Harold, venu effectuer des travaux de peinture avec son fils de 14 ans. Un adolescent à l’origine des manifestations. Ce serait ce jeune adolescent qui aurait été le support à la manifestation : un cas de poltergeist classique où les adolescents jouent souvent un rôle. Une fois le garçonnet éloigné, tout rentra dans l’ordre et les étranges vols de couverts et bris de verres ne se reproduisirent pas. Alors que ces événements avaient effrayé la clientèle et que cette histoire de hantise contribuait à la mauvaise réputation de l’établissement, Harold, acteur malgré lui de ces étranges phénomènes générés par sa progéniture, s’étonna de la réaction des Français face au surnaturel : « C’est curieux, ici, les gens se sauvent. Chez nous, en pareil cas, ils auraient fait la queue devant la porte. » Est-ce là la trace d’un héritage so british qui a fait des histoires de fantômes un élément patrimonial ? Peut-être, mais au Havre, ce lieu reste non identifié :  détruit aujourd’hui, il aurait été situé en face du café Le Parloir. Info ou intox ? Le récit demeure et perdure au-delà du temps, signe de la mémoire des murs ?
  • Un cas célèbre à Dieppe. Outre les loups-garous croisés sur nos terres de légendes, d’autres villes et sites normands abritent des histoires de hantises et phénomènes d’apparitions. Le récit des deux Anglaises à Dieppe est l’un des plus célèbres de la côte normande. Le 4 août 1951, à Puys, près des plages de Dieppe, alors qu’elles étaient en vacances, Dorothy Naughton et sa belle-sœur, Agnès, se sont retrouvées au beau milieu d’une bataille fantôme. Elles ont été réveillées à 4h du matin par des coups de feu et des hurlements. Durant trois heures, elles sont restées assises et horrifiées, observant une bataille au cours de laquelle les avions ont bombardé la ville balnéaire. Dix ans plus tôt, c’est au même endroit que s’était déroulée l’opération Jubilee, conçue par l’amiral Louis Mountbatten. La bataille de Dieppe fut un tragique échec pour les Alliés. Les deux Anglaises auraient revécu cette épisode tragique de l’histoire, assistant dix ans plus tard à cette bataille. Rêve, projection ? Des fantômes hantent-ils les côtes dieppoises ? Universe Mystery – www.76actu.fr
  • Le bateau fantôme de Dieppe. Dans le quartier du Pollet à Dieppe, un bateau fantôme qui viendrait hanter les pêcheurs et les habitants le jour de la Toussaint.
  • À la découverte des mystérieuses épaves de Normandie : la terrible explosion du Hardy. Le 11 décembre 1911, au large du Tréport (Seine-Maritime). Le Niobé, le 11 juin 1940, au large du Havre. Le Vanellus, près du HavreComment les épaves sont recensées

À propos de Jean-Marc Bélot

Eclairer le présent, montrer que le meilleur est possible: devenirs des sociétés humaines, lieux merveilleux qui nous entourent.

Un commentaire sur “Normandie: légendes et contes de la Seine; chasseurs de fantômes; loups-garous

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